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Des vœux et des étincelles pour 2019…

Publié par Damien Maurice le

Il y avait quatre salarié.e.s le 30 juin 2018 à la Maison de la Montagne. Il n’en reste plus que deux ce 2 janvier 2019.

Avec le départ d’Émilie pour licenciement économique, c’est un morceau de la courte histoire de la Maison de la Montagne qui s’achève.

Émilie était arrivée en novembre 2012 et elle a animé le volet social de l’association pendant quatre ans avec persévérance et bienveillance.

Puis le projet Montagne Douce a vu le jour, projet soutenu par tous les élus rencontrés, rappelons-le, qui ont été convaincus par sa pertinence et la volonté de faire du lien avec les vallées béarnaises.

Émilie fut de ce combat là aussi et avec elle nous n’avons pas ménagé notre peine. Toutes les institutions rencontrées se sont jointes à nous pour construire et optimiser le projet : Massif, Région, Département, Leader Grand Pau et Haut Béarn.

Ce projet devait monter en puissance, se déployer, accompagner des porteurs de projets, communiquer de l’énergie, soutenir, transmettre, appuyer son action sur les territoires, tisser du réseau, travailler avec les partenaires locaux. De Pau jusqu’au cœur des vallées, Montagne Douce était la suite logique d’un projet Cité des Pyrénées, ce bâtiment emblématique qui devait rayonner nous l’espérions au-delà du quartier Berlioz, en être la Porte d’entrée puis proposer son énergie vers les territoires montagnards.

Hélas, trois fois hélas, les promesses de 2017 ne furent pas tenues au tournant de 2018. Mal perçu par les vallées béarnaises, incompris, nourri de non-dits, d’une mauvaise communication, le projet Montagne Douce dut être stoppé dès cet été et son abandon fut sanctionné par un contrat rompu et un licenciement économique sec.

UN + UN = DEUX. Émilie et Aurélie, que nous saluons ici pour toute l’énergie qu’elles y ont mise, pour toute leur volonté de développer et de faire grandir la Maison de la Montagne.

Elles ont payé cash l’incroyable volte-face d’une partie des partenaires qui aurait dû nous accompagner pendant deux années supplémentaires.

L’association a failli périr et des partenaires absolument fidèles nous ont soutenu au cœur de cet automne pour sauver l’association dont la trésorerie exsangue ne permettait pas de voir au-delà de ce début d’hiver. Massif, Région, Département ont été là, présents, garants, porteurs. Qu’ils soient remerciés dans ces voeux mais cette expérience douloureuse doit impérativement marquer les limites que nous ne voulons plus jamais tutoyer.

Nous construirons avec eux et avec les deux salariés qui demeurent pour accompagner le volet social et le volet culturel.

Avec la Mairie de Pau, il faudra savoir en 2019 et au-delà quel est son objectif pour la Cité des Pyrénées.

Quelle est sa vision, son projet culturel, son ambition politique. Il nous faut absolument rediscuter le projet de la Cité des Pyrénées et la place de la Maison de la Montagne. Il nous faut voir un peu plus loin et réfléchir à un projet pour cet équipement qui devrait être le Pôle Montagne de Pau et du Béarn.

Projet d’un quartier, d’une politique de la ville, certes mais au-delà ?

Et avec quels moyens ? Quelles ambitions ? Nous ne pouvons plus nous projeter sans boussole comme nous le faisons depuis tant d’années.

Je l’ai déjà dit le Massif est à nos côtés, la Région nous soutient encore sans faiblir, le Département est présent. Ils ont été là au plus fort de la crise. Nous n’imaginons pas que la Ville de Pau se détourne de la montagne et de ses montagnards. Le milieu associatif est le coeur de la Démocratie. En ces temps politiques déboussolés, faut-il encore rappeler la place essentielle des associations et du modèle associatif ? Les corps intermédiaires sont les murs, le toit et les fondations de la République. Sans eux, c’est l’appel du vide et des extrêmes. Rappelons-nous aujourd’hui dans quel abandon les associations furent laissées avec la fin des emplois aidés quand ils coûtaient eux-aussi un « pognon de dingue » ! On ne peut plus faire une politique où l’homme est une variable d’ajustement. Et on ne peut plus naviguer à vue en rognant sur tout, les gens, l’esprit et les idées.

Il faut de l’ambition, de la vitalité et des moyens.

Il y a des perspectives de développement du côté d’un travail en profondeur sur l’insertion et la formation avec les Compagnons, une réflexion entreprise sur la montagne et le handicap, de riches expositions pyrénéistes qui vont voir le jour dès ce mois de janvier, un topo exceptionnel sera édité par nos soins et les Éditions Glénat en avril, la revue Passe Murailles dont les exemplaires sont déjà vendus avant la mise en page, Verticualidad en juin qui fêtera sa onzième année, un partenariat scellé avec le cinéma Méliès de Pau, un travail fascinant qui se projette pour 2020 avec les amis Marie et Bertrand pour un projet d’expo multi-sites à Bordeaux et à Pau…

Et puis nous espérons réécouter de la Poésie à la Cité, de la musique, entendre des sons vibrer, des verbes couler, voir des images scintiller. Tous les artistes sont des montagnards qui ne le savent pas encore !

L’énergie est là, les salariés vont de l’avant. Des projets meurent d’autres arrivent. Comme dans la nature, il n’y a pas de place pour le vide à la Maison de la Montagne.

Saluons Émilie encore une fois pour tout ce qu’elle a apporté, Aurélie pour tout ce qu’elle aurait pu encore apporter et aux bénévoles qui tiennent le bateau qui a tangué fortement et tanguera encore.

Les difficultés nous obligent à réfléchir mieux et à aller encore plus dans le concret.

Meilleurs voeux pour 2019, après une année 2018 qui n’a pas été simple et que nous ne voulons plus connaître.

Aimerions-nous toujours autant un projet sans difficultés ?

Pierre Macia, Président de La Maison de la Montagne


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